Bilan culture par culture saison 2016

P1 et P6 : La luzerne culture indispensable ?

Un printemps historiquement pluvieux dans le nord de la France a maintenu des conditions d’interventions très difficiles sur les parcelles sur l’ensemble de la période. Une première  fauche des deux parcelles de Luzerne a malgré tout pu avoir lieu début Juin. Les bonnes conditions climatiques cet été ont favorisé des reprises rapides de végétation permettant une deuxième fauche à la fin du mois de juillet et une troisième début Septembre. Les reprises rapides de la luzerne après les premières et deuxièmes fauches ont permis de réduire le salissement de manière très importante. La luzerne (bien implantée) bénéficie d’un système racinaire à la fois profond et formant des réserves, elle peut alors et grâces aux fauches, jouer son rôle de couvert concurrentiel l’été vis-à-vis des adventices. Dans un système de culture sans pesticide tel que Sca0pest la prairie de luzerne s’impose dans la succession comme un levier indispensable dans la gestion du salissement. Pour la parcelle P1 : la question principale demeure la destruction de cette luzerne si bien implantée avant l’arrivée du blé à l’automne. Le labour semble indispensable…

Parcelle P6

P2 et P4 : Les blés touchés aux épis

Les deux blés tendres d’hiver présents sur les parcelles cette année après leur implantation réussi à l’automne, un développement important tout l’hiver, des interventions de binages efficaces pour réduire les adventices au début du printemps, une résistance à la rouille jaune et une limitation de la septoriose se sont trouvés touchés au printemps de manière importante par la fusariose au niveau des épis. Les mois de Mai et Juin catastrophiques dans toute la France ayant par ailleurs limité très fortement la fécondation et le remplissage des grains, les rendements ont été fortement impactés. Ces derniers demeurent dans la moyenne supérieure des exploitations AB en Picardie.

Parcelle P4

P3 : Pas de levée du tournesol

Implanté au semoir monograine à la mi-Mai dans un couvert de luzerne semé une semaine plus tôt le tournesol n’a malheureusement pratiquement pas levé. Seuls quelques pieds sont visibles dans une luzerne très bien implantée quant à elle. Une année sans tournesol, la faute à qui ? Corbeaux, limaces, mauvaises conditions d’implantation ? Le mystère demeure quand le principal suspect reste les limaces noires et grises capables de suivre le sillon pour dévorer les graines les unes après les autres. L’absence de tournesol a permis de tester une forme d’écimage des adventices au-dessus du couvert de luzerne. Avec deux passages au cours de l’été, cette technique semble avoir d’une part empêché la montée à graine d’un grand nombre d’adventices et d’autre part donné l’avantage à la luzerne.

Parcelle P3

P5 : Un salissement de l’orge visuellement impressionnant

L’orge de printemps présent sur la parcelle P5 s’est retrouvée après une forte présence de vulpin lié à l’historique de la parcelle, envahi d’agrostis jouets du vent favorisé par l’hiver doux et le non labour de la parcelle. Le rendement limité à l’instar des blés cette année a pu en partie être impacté par la concurrence de cette graminée estivale mais reste surtout lié aux conditions climatiques désastreuses à la sortie du printemps.

Parcelle P5

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Semis de l’orge de printemps : une intervention délicate.

Cette année l’orge de printemps devait être implantée le plus tôt possible, autour du 15 février,  afin d’allonger au maximum le cycle végétatif et viser un meilleur objectif de rendement. Malheureusement, les mauvaises conditions climatiques autour de cette date nous ont interdit l’accès aux parcelles… Les derniers désherbages et le faux semis ont également été annulés. Un  créneau inespéré de beau temps à la fin du mois de Février a permis un semis de l’orge dans des conditions idéales. Les vulpins qui s’étaient fortement développés sur toute la parcelle ont été pour la plupart déracinés et/ou enfouis par la herse rotative lors du semis. Les précipitations qui ont suivi le semis ont permis d’assurer le contact sol graine nous économisant un passage de rouleaux cambridge mais nous interdisant un passage de herse étrille en pré-levée.

La levée a été retardée par une baisse des températures. Par ailleurs, les semences mal enterrées ont toutes été dévorées par les oiseaux. Les premières feuilles des premières levées ont vraisemblablement  été mangées par des lapins ou autre ravageur. La forte densité de semis (autour de 400 graines/m2) devrait compenser en partie ces pertes à la levée qui approchent les 40%. Ne nous faudrait-il pas penser à mettre en place un système d’effaroucheurs efficaces ??

Semis OP P5 v2.png

Semis de l’orge de printemps sur la parcelle P5.

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Destruction du couvert : éviter un labour avant le semis du tournesol.

En juillet dernier, derrière un blé tendre d’hiver (voir article plus bas), a été implanté en semis direct un magnifique couvert associant avoine, féverole, lentille, pois, moutarde, tournesol. Le semis du tournesol en association avec la luzerne approchant à grands pas, la question de la destruction du couvert  s’est posée. Que faire? Et quand intervenir afin d’assurer la destruction d’un couvert de forte biomasse dans un système sans pesticides ne permettant donc pas l’utilisation d’un herbicide et sans avoir recours systématiquement au labour de sorte de « soigner » notre empreinte carbone ??

Pour un semis mi-Avril de tournesol et de luzerne en association, la décision d’anticiper longtemps à l’avance la destruction du couvert a été prise. Un broyage complet du couvert dès Janvier a permis de détruire toutes les espèces sauf l’avoine tout en déposant au sol les résidus se constituant en « mulch ». Le « mulch » ainsi formé, a permis de limiter les levées et le développement d’adventices durant l’hiver. Par la suite, deux passages de disques pulvérisateurs début Mars ont détruit presque entièrement l’avoine restante et ont permis d’affiner et incorporer au sol le  mulch partiellement décomposé depuis janvier. Le premier faux semis fin mars (outre sa fonction principale de déstockage d’adventices), a permis grâce à l’utilisation de la herse rotative associée au semoir de terminer la destruction du couvert. En conclusion, cette gestion anticipée comprenant un certain nombre d’interventions culturales devrait nous avoir permis d’implanter le tournesol et la luzerne sans risque majeur de levée d’adventices intempestives, de salissement en début de printemps, mais aussi sans avoir eu recours au labour.

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Destruction du couvert d’interculture avant le semis de tournesol en association avec de la luzerne.

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Deux parcelles de blé cette année dans SCA0PEST

En 2016 dans SCAOPEST, pas de féverole d’hiver mais deux parcelles de blé. C’est l’occasion de tester deux modes d’implantation : alors que la P4 au précédent féverole a été semée en TCS au 19 octobre après trois faux semis en interculture, la P2 au précédent luzerne a été labourée et semée le 5 novembre. Théoriquement, un semis plus précoce implique i) un meilleur rendement potentiel, ii) plus de levées automnales et iii) une biomasse plus élevée en sortie hiver – plus concurrentielle vis-à-vis des adventices mais plus favorable au développement des maladies. A l’inverse, un semis en novembre sur labour limite les levées automnales et la biomasse en sortie hiver, mais le potentiel de rendement s’en voit diminué. C’est l’interdépendance de ces paramètres que l’on va pouvoir suivre au printemps prochain grâce à ces deux dates de semis différentes. Des écarts de salissement et de stade de développement sont d’ailleurs déjà bien visibles sur place (P4 : début tallage ; P2 : 1 feuille).

blé 1 dans le soleil de novembre
Blé de luzerne – écartement 25cm – dans le soleil de novembre

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Premier semis direct de l’histoire de SCA0PEST!

A l’origine co-conçu comme un système limitant le travail du sol et en partie basé sur le semis direct, les premières années de SCAOPEST ont dû s’adapter à l’historique de salissement des parcelles combiné à la non utilisation d’herbicide : aucune culture de rente n’a donc pour le moment pu être semée en direct. Une première cette année, le faible salissement de la parcelle de blé a permis l’implantation en direct du mélange d’interculture avoine / pois / féverole / lentifix / moutarde brune / tournesol.

photo semis direct
Semis direct d’un mélange d’interculture dans les chaumes de blé

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Comité de suivi 2015 : l’occasion de faire le point avant les moissons

Le comité de suivi de SCAOPEST s’est réuni le 6 juillet afin de constater sur le site les réussites autant que les échecs de la campagne 2015. Lieu de rencontre d’agriculteurs, de conseillers agricoles, d’expérimentateurs, d’animateurs Ecophyto, d’ingénieurs du développement, d’enseignants-chercheurs et de stagiaires, ce rendez-vous a permis de recueillir les avis sur les interventions réalisées pendant l’année ainsi que sur les décisions à prendre pour l’automne. Ce moment a également été l’occasion pour les stagiaires SCAOPEST de 2015 de présenter leurs travaux sur l’impact des lignes d’arbres enherbées sur les cortèges de bioagresseurs et d’insectes utiles.

photo comité de suivi
Présentation des travaux des stagiaires (à gauche) et discussion en bordure de la parcelle de colza (à droite) à l’ombre des arbres.

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